Guides d'écoute

Par où commencer : trois disques pour entrer dans Michel Legrand

Par Étienne Collaud · 08 juillet 2026 · 2 min de lecture

On me pose toujours la même question, et elle est excellente : par où commencer ? La discographie de Michel Legrand compte des centaines de références, entre les bandes originales, les disques de jazz, les albums de chanson et les enregistrements de concert. Acheter « un disque de Legrand » au hasard, c’est risquer de tomber sur un enregistrement de circonstance et de passer à côté de l’essentiel.

Voici mon ordre. Il n’est pas objectif. Il est éprouvé : c’est celui que je donne à mes amis depuis des années, et personne n’est jamais revenu déçu.

1. La bande originale des Parapluies de Cherbourg

L’évidence, et pour une fois l’évidence a raison. Le film de Jacques Demy (1964) est entièrement chanté, du premier mot au dernier, et la partition de Legrand tient ce pari fou sans jamais faiblir. On y trouve le thème que le monde entier connaît sous le titre I Will Wait for You, mais le disque vaut pour tout le reste : les récitatifs qui swinguent, les cuivres qui pleurent, cette manière de faire chanter une conversation de garage automobile.

Écoutez-le une première fois sans rien faire d’autre. C’est un opéra populaire de moins d’une heure et demie.

2. Legrand Jazz

Le choc. En 1958, Legrand a vingt-six ans et une réputation d’arrangeur prodige. Il débarque à New York et enregistre des standards de jazz avec un plateau de musiciens qu’on n’ose plus imaginer aujourd’hui, Miles Davis en tête. Le disque prouve une chose que toute sa carrière confirmera : cet homme n’était pas un compositeur de variétés qui aimait le jazz, c’était un jazzman complet qui savait aussi écrire pour le cinéma.

J’y reviens en détail dans le guide consacré à Legrand Jazz, tant il y a à dire.

3. Une anthologie des années Hollywood

Après Demy, l’Amérique. The Windmills of Your Mind (Oscar de la meilleure chanson pour The Thomas Crown Affair), la partition de Summer of ‘42 (deuxième Oscar), puis Yentl (troisième). Ces musiques sont dispersées sur des bandes originales dont certaines sont difficiles à trouver ; pour commencer, une bonne anthologie ou compilation des musiques de film fait parfaitement le travail, et il en existe plusieurs de qualité.

Vinyle ou CD ?

Ma règle : le vinyle pour les Parapluies (la chaleur des cordes y gagne) et pour Legrand Jazz si vous trouvez une réédition récente ; le CD ou le numérique pour les anthologies, où l’on navigue beaucoup entre les pistes. Vérifiez toujours qu’une réédition mentionne un remastering depuis les bandes d’origine : c’est le critère qui sépare les belles rééditions des simples repressages.

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